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Claude Marechal nous raconte Desikechar

Par YogaPartout (Anouk Thibault, Daniel Gauthier)

Entrevue avec Claude Maréchal

YogaPartout: Qu’en est-il de Claude Maréchal aujourd'hui? On nous à dit à Paris que c’était votre dernier cycle, votre dernière cohorte d’étudiants. Est-ce exact?

C. Maréchal: «Je ne sais pas». Je me questionne sur la priorité dans ma vie en ce moment par rapport au yoga. Je voudrais rassembler tout l’enseignement que j’ai reçu de la part de Desikachar dans un ouvrage qui serait disponible en Occident pour exposer ce que devrait être le yoga contemporain. Je crois que le yoga a un rôle à jouer dans notre société. Lorsque Desikachar m’a dit : «vous devez écrire des choses». J’ai l’impression qu’il me donnait un travail à faire. J’ai passé tellement d’heures à ses côtés que je sens que je dois le faire. Je pense que le yoga peut se développer dans tous les pays du monde, dans toutes les sociétés, dans toutes les cultures. Le yoga peut se mettre au service d’une vie spirituelle religieuse au service de la vie de quelqu’un d’actif, se mettre même au service de l’écologie.

YogaPartout: Depuis 1965, vous avez parcouru plusieurs pays, l’Italie, la France, l’Espagne, la Suisse, le Québec, la Belgique, les États-Unis, le Maroc. À combien d’étudiants avez-vous enseigné?

C. Maréchal: J’ai commencé à pratiquer le yoga en 1958. En 2018, j’aurai enseigné à plus de 20,000 étudiants.

YogaPartout: Parmi vos étudiants, il y en a qui reprenne votre matériel et le personnalisent à leur couleur. Il n’y a pas cet aspect en vous de garder le bénéfice d’être le premier?

C. Maréchal: Je pense que ce qui est important dans le yoga c'est de pratiquer, pour tendre vers la paix intérieure. Il faut se détacher et lâcher-prise même si parfois on voit très clairement des choses incorrectes. Et dans un contexte plus spirituel, je pense qu'en terme du fruit de nos actes, il faut aller le déposer au pied du Seigneur. Point. Ne pas trop penser à soi. Il faut être détendu par rapport à ces choses.

YogaPartout: Vous avez une association à but non-lucratif, preuve concrète de ce que vous enseignez, le détachement. Comment fonctionnez-vous matériellement ? Vous avez des assistants, des assistantes?

C. Maréchal Il y a un certain nombre de personnes autour de moi qui m’aident parce qu’elles veulent m’aider. Oui, je considère que c’est un cadeau. J’aurais le goût de dire qu’elles me sont envoyées du ciel. Prenons un exemple au Québec. Ces personnes sont totalement au service du travail que je fais, transmettre les valeurs du yoga pour aider la société. Ça me touche beaucoup.

YogaPartout: Qu’en est-il de l’enseignement du yoga par rapport à l’Hindouisme et à l’aspect religieux Judéo-chrétien? Pouvez-vous préciser votre pensée?

C. Maréchal: Ce qui m’a vraiment touché en Inde venant de Krishnamacharya et de Desikachar, c’est la chose suivante. Eux pratiquent l’Hindouisme. Ce n'est pas du tout une religion qui veut se répandre dans le monde contrairement au Christianisme et au Bouddhisme. Ils considèrent que le yoga peut être transmis dans le monde entier. Si l’on prend une direction de la pratique du yoga qui est plus lié à la contemplation, à la prière, il faut le faire à l’intérieur du cadre de l’enseignement religieux et spirituel que nous avons reçu. Et ça, Krishnamacharya me l’a redit très clairement. Il était pleinement ouvert, il m’a donné des indications pour me permettre de focaliser mon attention et d’entrer en contemplation à l’intérieur de ma religion. Il n’y a pas que les mantras de l’Inde. Il y a toutes les autres prières. Par exemple, il y a une prière qui vient du Christianisme orthodoxe qui est ce qu’on appelle la prière du cœur. Elle consiste à conduire le souffle inspiré vers le centre de la poitrine et y contempler la présence de Jésus au plus profond de notre cœur. Cette prière est récitée depuis des siècles par les orthodoxes, les moines du mont Atos.

YogaPartout: Vous gardez votre pratique personnelle pour vous, vous n’interférez pas, vous n’imposez pas?

C. Maréchal: Je n’impose jamais. Cependant, lorsqu’une personne est intéressée par la prière chrétienne que je connais bien, je peux lui donner un enseignement dans ce sens-là.

YogaPartout: Si on concluait sur un sankalpa. Quel est votre souhait le plus cher?

C. Maréchal: Je pense vraiment, que ce qui est le plus souhaitable dans les temps qui viennent, c’est que la paix prenne le dessus sur la guerre. L’amour et la paix doivent toujours l’emporter, sur le conflit, sur la guerre, sur les pouvoirs. C’est mon souhait

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